50ème anniversaire de l’UGTG : L’histoire de la création de cette centrale syndicale racontée par Rosan Mounien

C’était le 2 décembre 1973 dans une salle de la commune de Baie-Mahault. Une centaine de travailleurs, particulièrement des ouvriers agricoles, sont rassemblés. Leur volonté affirmée est de faire naître une nouvelle forme de représentation des travailleurs de Guadeloupe. Rosan Mounien en faisait partie. Il a tenu ce 2 décembre 2023 à rédiger les lignes de cette histoire de la Guadeloupe qu’il a lui-même vécue.

Dans le texte qui invitait les travailleurs à participer à ce congrès constitutif, on pouvait lire alors les mots suivants :

Camarades ! Aujourd’hui nous tenons le congrès constitutif de l’UGTG. C’est une nouvelle étape dans la lutte de la classe ouvrière et de l’ensemble du peuple Guadeloupéen contre l’exploitation et l’oppression des capitalises et des propriétaires fonciers et de l’État au service de ces derniers

Extrait du texte d’appel au congrès constitutif, décembre 1973

En revenant sur cette page d’histoire, Rosan Mounien écrit ceci : 

« Il est de bon aloi de rappeler à la mémoire des uns et de porter à la connaissance des autres que, le 02 Décembre 1973 naissait une centrale syndicale dénommée Union Générale des Travailleurs de Guadeloupe (UGTG).

Dans la Salle polyvalente de la commune de Baie Mahault (face à l’actuel gymnase Valere Lami), nous étions une bonne centaine de congressistes, parmi lesquels les ouvriers agricoles de la canne constituaient une large majorité ; il y avait également bon nombre d’ouvriers d’usine, des travailleurs d’autres secteurs ainsi que des intellectuels révolutionnaires.

L’Assemblée était studieuse, car nous nous persuadions que nous étions en train d’accomplir une grande œuvre qui changerait le cours de l’histoire du pays Guadeloupe.

 A sa création,l’UGTG ne comptait que deux syndicats sectoriels, l’Union des Travailleurs Agricoles (UTA) et Le Syndicat des Ouvriers Industriels de l’usine de Gardel, qui venait de démissionner collectivement de la CGTG ; les autres congressistes n’avaient pas encore d’appartenance syndicale sectorielle.

Le premier conseil syndical était composé de 70% d’ouvriers agricoles, de 20%d’ouvriers industriels et de 10% des travailleurs issus des secteurs non organisés, avec la mission d’implanter l’UGTG dans leurs secteurs respectifs.

Robert Mornal, ouvrier industriel à l’usine de Gardel âgé de 26 ans a été élu sous les applaudissements, Secrétaire Général ; il y restera jusqu’en 1982 et passera la main à Ternisien Nomertin.

Dès sa création, l’UGTG affirma d’emblée son caractère de syndicat de la classe ouvrière guadeloupéenne, mais aussi de syndicat engagé dans la lutte pour la libération nationale de la Guadeloupe et pour la transformation sociale.

S’inspirant du modèle développé par l’UTA, l’UGTG définit un ensemble de principes et de méthodes de travail pour permettre aux militants et aux dirigeants d’avoir un guide sûr dans une réflexion et dans la pratique syndicale.

C’est sur ces bases-là que l’UGTG se développa à un rythme exponentiel pour devenir en quelques années la principale centrale syndicale en Guadeloupe, et l’organisation faisant autorité sur toutes les grandes questions sociétales dans le pays Guadeloupe.

 Aujourd’hui, 50 ans après, je me souviens de cette phrase de Ternisien Nomertin qui présidait le premier congrès, dans son intervention finale :  » L’UTA/UPG é l’UGTG sé on zouti filé si lédé koté nou ka mèt an men a travayè pou yo défann kóz a yo. Fó kenbé’y pa manch ay pou’w pa blésé’w ni blésé zanmi aw ! »

Guadeloupe, Le 02 Décembre 2023 

Wozan MOUNIEN 
Membre Fondateur et Secrétaire Général de l’UGTG de 1985 à 1993″.

Quatre dirigeants successifs de l’UGTG à la même table lors du 30ème anniversaire de la centrale syndicale

Rappelons d’ailleurs que Rosan Mounien est aussi celui qui, dans son regard sur la crise de 2009 avait ainsi décrit les différentes interactions qui interviennent dans un mouvement social : 

Il y a une seule lutte qui a tout à la fois une dimension sociale, une dimension culturelle et aussi une dimension politique. Et la dimension politique qu’elle possède, c’est une dimension de construction des l’homme… Ce qui est politique dansun movuement social, ce sont les idées et aussi les comportements qui se développent chez le travailleur par rapport à la manière dont il construit son identité. »

Rosan Mounien, ancien secrétaire général d l’UGTG.

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