Dordogne : plongée dans les coulisses du livre « Une histoire de Périgueux à travers ses bistrots

Cinq ans après la sortie du livre anniversaire « Mai 68 en Périgord », le journaliste Michel Labussière est de retour en librairie avec « Une histoire de Périgueux à travers ses bars » (1). Un pavé de 500 pages bourré d’anecdotes arrosées au pinard et à la bière.

L’auteur au bistrot à l’âge de 6 ans.
L’auteur au bistrot à l’âge de 6 ans.

Archives DR

Est-ce parce que lui-même a grandi dans la première épicerie-buvette de Périgueux ? L’ancien localier du quotidien « Dordogne libre », correspondant du journal « Le Monde » en Dordogne…

Cinq ans après la sortie du livre anniversaire « Mai 68 en Périgord », le journaliste Michel Labussière est de retour en librairie avec « Une histoire de Périgueux à travers ses bars » (1). Un pavé de 500 pages bourré d’anecdotes arrosées au pinard et à la bière.

L’auteur au bistrot à l’âge de 6 ans.
L’auteur au bistrot à l’âge de 6 ans.

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Est-ce parce que lui-même a grandi dans la première épicerie-buvette de Périgueux ? L’ancien localier du quotidien « Dordogne libre », correspondant du journal « Le Monde » en Dordogne, n’a pas ménagé sa peine « pour retrouver trace » des mille et un bars qui se sont succédé dans la ville préfecture, de l’Antiquité au XXe siècle, en passant par le Moyen Âge, âge d’or des tavernes, et le XIXe siècle, siècle de la brasserie triomphante.

Le nez dans les archives

Certes, il lui est arrivé de joindre l’utile à l’agréable en levant le coude avec un tenancier de café moins pressé que ses collègues. Mais la plupart du temps, c’est aux Archives départementales, à Périgueux, que le plumitif a dû lire au fond des verres. « J’y ai passé du temps, beaucoup de temps », convient l’intéressé, sans pouvoir dire exactement combien.

Le Grand Café de la Bourse, place Bugeaud.
Le Grand Café de la Bourse, place Bugeaud.

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Il faut dire que le bonhomme avait mieux à faire que compter les heures. Registres du commerce, articles de journaux, actes notariés, procès-verbaux, …, l’auteur du « Dictionnaire méchant du Périgord » a rongé tous les os qui lui tombaient sous la main pour tenter d’en extraire la substantifique moelle.

Le bistrot Le Curé fait partie des nombreux cafés recensés au fil des âges par Michel Labussière.
Le bistrot Le Curé fait partie des nombreux cafés recensés au fil des âges par Michel Labussière.

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Un nom ici, une adresse par là, le journaliste a consigné dans ses cahiers tous les éléments susceptibles de l’aider à construire son puzzle des estaminets, troquets et autres gargotes plus ou moins respectables de Périgueux. « Une fois la question de la géographie réglée, je me suis intéressé à ceux qui ont fait vivre et prospérer tous ces établissements à travers les âges », glisse Michel Labussière, jamais avare d’une anecdote sur les hommes et les femmes qui ont tenu la barre de ces temples de la libation.

Vue intérieure du Grand Café de la Comédie.
Vue intérieure du Grand Café de la Comédie.

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La place Hoche de Périgueux dans un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.
La place Hoche de Périgueux dans un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.

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« Je me suis intéressé à ceux qui ont fait vivre et prospérer tous ces établissements à travers les âges »

Hasard ou vocation

Qui lira (au hasard) la pastille consacrée au Bouche-à-oreille de la place Bugeaud sera ravi d’apprendre que pas moins de 16 tenanciers se sont succédé derrière ce zinc depuis sa création, antérieure à 1870. Une vocation pour certains, le jeu du hasard pour d’autres. En témoigne l’histoire de Gérard Colin, l’ancien président des taxis devenu gérant du bar-tabac qui s’appelait encore Le Bugeaud. Probablement n’aurait-il jamais pris la suite du couple Guillory au comptoir du mythique établissement, s’il n’avait lui-même passé beaucoup de temps sur ses banquettes à attendre le client.

Pour éviter de perdre le lecteur dans un dédale d’adresses et d’anecdotes, l’auteur a choisi de classer les établissements par quartier. Son intuition le conduit d’abord à explorer le triangle Mataguerre – Fénelon – Lakanal, connu pour sa rue Aubergerie, repaire des aubergistes. Elle le pousse ensuite à flâner dans le quartier du Greffe et des Rues Neuves à la recherche des « buvettes qui pavaient de bonnes intentions la rue Denfert-Rochereau ». Son flair prend le relais pour l’inciter à descendre les « boulus » (NDLR : les boulevards) sur les traces de la mythique Rotonde ou encore à se rendre au Toulon, dans les anciens bistrots ouvriers. « J’ai passé tous les quartiers de Périgueux en revue et je suis même allé un peu au-delà, m’aventurant dans les communes limitrophes », énonce Michel Labussière.

À partager sans modération.

(1) « Une histoire de Périgueux à travers ses bistrots » de Michel Labussière, aux éditions du Perce-Oreille, 500 pages, 29 euros. Disponible dans toutes les librairies.

Des faits divers derrière le comptoir

En passant derrière les comptoirs de bistrots, Michel Labussière a trouvé de belles histoires et des histoires beaucoup plus sombres de voyous, de meurtres et de règlements de compte. L’auteur revient sur les petites vertus de la place de la Vertu, avec la même constance qu’il met à rappeler l’histoire rocambolesque de « Chabowski, l’espion-bridgeur qui venait du froid », pincé par la police dans les toilettes turques de l’hôtel Le Régina, face à la gare de Périgueux. Plus improbable encore, l’attentat déjoué à la discothèque du Privilège : Michel Labussière raconte avec un luxe de détails comment trois bouteilles de gaz avaient été retrouvées par hasard devant la porte de la boîte avant qu’elles n’explosent. « Le détonateur qui devait se déclencher pendant la nuit précédente n’avait pas fonctionné. Sans quoi, tout le bâtiment aurait été entièrement soufflé », rapporte-t-il en concluant son propos par un « ouf » de soulagement, largement partagé à l’époque.

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