Nucléaire : tournant historique en Suède, le Parlement approuve la relance, à trois voix près

, Nucléaire : tournant historique en Suède, le Parlement approuve la relance, à trois voix près

A un cheveu près. Mercredi 29 novembre, le parlement suédois a adopté à 152 voix pour et 149 contre le projet de loi sur la relance du nucléaire dans le pays. Le texte, qui supprime la limite actuelle de 10 réacteurs maximum sur le territoire, ainsi que l’interdiction d’en construire sur d’autres sites que ceux abritant déjà une centrale, aura suscité des divisions jusqu’au bout.

Dans le détail, le parti social-démocrate des travailleurs, qui compte le plus grand nombre de parlementaires, ainsi que les centristes et les Verts s’y sont unanimement opposés, tandis que le parti de centre droit des Modérés, auquel appartient le Premier ministre Ulk Kristersson, les Chrétiens démocrates, les Libéraux et les Démocrates de suède (extrême-droite) l’ont approuvé.

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10 nouveaux réacteurs nucléaires d’ici à 2045

Dès le 1er janvier 2024, le Code de l’environnement sera donc amendé, pour permettre à la Suède d’ériger des installations nucléaires ailleurs que dans les centrales déjà existantes de Forsmark, Ringhals et Oskarshamn – une possibilité écartée par la loi depuis 1980 en raison d’une politique de désinvestissement progressive de cette source d’énergie. « Ces limitations font obstacle à une vision moderne de l’énergie nucléaire », avait affirmé en août la ministre de l’Environnement Romina Pourmokhtari (Libéraux). Aujourd’hui, le pays compte six réacteurs en service, construits au cours de la décennie 1975-1985.

L’objectif est ainsi de disposer au plus tard en 2035 d’une production d’énergie nucléaire équivalente à deux réacteurs supplémentaires, avant de monter à dix réacteurs d’ici à 2045.

« Dans les 25 ans, nous devons doubler la production d’électricité en Suède », avait déclaré mi-novembre déclaré la ministre de l’Energie, Ebba Busch (Chrétiens-Démocrates), expliquant que la Suède avait pour ambition de « redevenir une nation nucléaire forte ».

Un mix électrique presque entièrement décarboné

Et pour cause, le gouvernement anticipe un doublement de la consommation d’ici à 2040 en raison des nouvelles ambitions climatiques du pays, qui nécessiteront un recours encore plus massif à des sources d’énergie peu émettrices de gaz à effet de serre. Le pays vise ainsi un mix électrique 100 % décarboné en 2040, et soutient par ailleurs le développement de petits réacteurs nucléaire (SMR), avec quatre projets à Ringhals.

Pour rappel, le mix électrique du pays se répartissait en 2021 entre le nucléaire à 31,3 %, les énergies renouvelables à 66,4 % (hydroélectricité : 42,2 %, éolien : 16,1 %, biomasse : 5,7 %, déchets : 1,5 %, solaire : 0,9 %), les déchets non renouvelables à 1,5 % et les combustibles fossiles à 0,9 %. Ce qui fait de la Suède l’un des pays à l’électricité la moins carbonée au monde, malgré une consommation importante, notamment industrielle. En 2022, la Suède était d’ailleurs le plus grand exportateur européen d’électricité (près de 20 % de sa production).

Une alliance internationale du nucléaire emmenée par la France

Cette annonce intervient alors que le gouvernement suédois est très impliqué dans la relance de l’atome à l’échelle européenne et mondiale. En plus d’avoir accueilli le 28 février à Stockholm la première réunion des pays européens favorables au nucléaire, la Suède fait partie des quatre pays avec le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la Corée du Sud et les Emirats arabes unis qui soutiennent la proposition française d’appeler, lors de la COP28 de Dubaï, les pays nucléarisés et ceux qui souhaitent construire des réacteurs à développer l’atome.

La déclaration sera dévoilée le 2 décembre, au début de la COP28, et va promouvoir trois messages : le triplement des capacités de production nucléaire d’ici à 2050, le rôle du nucléaire dans la transition énergétique, et un appel à la Banque mondiale et aux banques de développement à faire des efforts pour financer le nucléaire.

Le groupe va inviter « à peu près 40 pays », à l’exception d’un acteur de premier plan, la Russie et son allié biélorusse. La Chine, qui a contribué pour moitié aux 10 chantiers nucléaires lancés dans le monde en 2022, fait toutefois partie des pays ciblés.

« Plus un tabou »

Au global, les projets de relance du nucléaire fleurissent d’ailleurs aux quatre coins du globe. L’atome n’est plus « tabou » en particulier dans l’arène des négociations climatiques, a déclaré mardi Rafael Grossi, le patron de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

« Avant, jamais les pays qui recourent à l’énergie nucléaire n’auraient été prêts à le dire. C’était un tabou aux COP, le nucléaire n’était pas considéré comme faisant partie de la solution. Et cette fois, tous les pays qui utilisent le nucléaire vont fièrement s’unir et dire à la COP que pour eux le nucléaire fait partie de la solution » face au réchauffement climatique, a indiqué Rafael Grossi.

Outre les projets de pays européens, ce dernier a cité la Chine championne des nouvelles constructions, « des développements importants en Afrique » avec l’édification d’une centrale de plusieurs tranches en Egypte, le premier démarrage aux Etats-Unis depuis des décennies, et « peut-être des nouvelles à venir en Arabie saoudite ».

Selon lui, le monde devrait compter une douzaine de nouveaux pays nucléaires dans la décennie à venir. Ghana, Kenya, Kazakhstan, Ouzbekistan, Philippines… dix pays sont en phase de décision et 17 moins avancés. Selon le directeur de l’agence onusienne, le monde a gagné cette année 7 gigawatts (GW) de capacités supplémentaires, et 4 GW l’an dernier, « ce qui veut dire que nous sommes très en deçà du niveau qu’il faudrait »  pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Pour y parvenir, l’AIEA comme l’Agence internationale de l’énergie (AIE) tablent au moins sur un doublement des capacités de production nucléaire. Aujourd’hui « on a environ 400 réacteurs dans 31 pays, on aurait besoin du double ou peut-être plus », selon Rafael Grossi.

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