On a lu « La Terre en colère », ou l’histoire des catastrophes naturelles vue par les peintres

Historien, poète, romancier, essayiste – et chroniqueur à « Sud Ouest » –Bernard Chambaz est en l’espèce un puits de connaissances sur l’art pictural lié aux catastrophes climatiques et autres phénomènes naturels qui plongent les sociétés humaines dans l’effroi depuis qu’elles tentent, maladroitement, de dompter la nature. Il en a picoré une centaine dans l’infinité des toiles accrochées aux…

Historien, poète, romancier, essayiste – et chroniqueur à « Sud Ouest » – Bernard Chambaz est en l’espèce un puits de connaissances sur l’art pictural lié aux catastrophes climatiques et autres phénomènes naturels qui plongent les sociétés humaines dans l’effroi depuis qu’elles tentent, maladroitement, de dompter la nature. Il en a picoré une centaine dans l’infinité des toiles accrochées aux cimaises des musées du monde entier.

Regroupées par thèmes – inondations, tempêtes, neiges et petit âge glaciaire, tremblements de terre, etc. – elles ouvrent une lucarne sur des événements passés dont nous n’avons évidemment aucune archive photographique. L’estampe consacrée au tremblement de terre de Lisbonne, le 1er novembre 1755, comble le vide. Ce séisme, probablement le plus violent du dernier millénaire sur le continent européen, fit plus de 50 000 morts.

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Les grandes peurs à propos des évolutions du climat sont anciennes, expliquent les historiens Jean-Baptiste Fressoz et Fabien Locher dans leur ouvrage « Les révoltes du ciel, une histoire du changement climatique XVe – XXe siècle ». Elles s’étaient brièvement endormies dans le confort de nos sociétés modernes avant que le réchauffement climatique ne s’impose comme un enjeu central

Mais là n’est pas l’essentiel. « Un des nombreux mérites de ce recueil est qu’il nous aide à comprendre notre propre culture apocalyptique », relève en préface Jean-Baptiste Fressoz, un historien des sciences et de l’environnement qui est l’un des meilleurs connaisseurs de l’anthropocène, ce moment de bascule où l’homme a irrémédiablement perturbé les équilibres naturels du « système Terre ». La collapsologie contemporaine, qui a germé sur les crises du climat et de la biodiversité, comme le rappel lancinant des événements extrêmes qui jalonnent l’actualité, font ainsi écho à la représentation biblique du déluge par Michel-Ange en 1509 ou à la tempête chez Rembrandt un siècle plus tard.

Quand la Tamise était prise par les glaces

Comme les carottes de glace de l’Antarctique, prélevées pour analyse par les paléoclimatologues, la peinture nous plonge dans des climats passés et révolus – mais beaucoup plus proches dans le calendrier. Le petit âge glaciaire, cette période qui s’étire sur cinq siècles entre 1350 et 1850, se traduit par des températures moyennes d’environ un degré sous les normales du XXe siècle. Il se manifeste de manière spectaculaire autour de 1677 sur la Tamise, transformée en épaisse banquise en plein Londres, investie par la population en mal de distractions et immortalisée par le peintre méconnu Abraham Hondius. Quand on sait que l’Elfstedentocht, marathon mythique de 200 kilomètres sur les canaux gelés des Pays-Bas, est rangé au rayon des souvenirs surannés du XXsiècle, on mesure le chemin parcouru.

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À la fin XIXe, alors que les glaces commencent leur recul inexorable sous l’effet du réchauffement et que les savants de l’époque s’interrogent sur les cycles climatiques, les peintres sont encore les uniques messagers par lesquels s’exposent des paysages inconnus. En 1861, le paysagiste américain Frederic Edwin Church restitue la silhouette majestueuse des icebergs arctiques. Rompu aux traversées de l’Algérie aride, le Français Gustave Guillaumet dépeint à l’opposé un Sahara figé sous la touffeur qui écrase les pierres comme les créatures vivantes. Dystopique et tellement actuel.

« La Terre en colère », de Bernard Chambaz, éd. Seuil, collection « Beaux Livres », 264 p., 39,90 €.

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