Orphelins de guerre 39-45 : « Nous sommes les oubliés de l’Histoire »

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Les Oubliés de l’Histoire est le nom du bulletin de liaison de l’association nationale des pupilles de la Nation, orphelins de guerre ou du devoir (ANPNOGD).

Jean Boutros, Marie-Thérèse et Yvonne, nées Guillaume, ainsi que Georges Giboire sont de ceux là. Tous les quatre ont perdu leur père, « mort pour la France » lors de la Seconde Guerre mondiale.

« Il m’en reste 250 lettres »

Jean Boutros avait deux semaines lorsque son père est mort, le 13 mai 1940, dans un train mitraillé par l’aviation allemande. Permissionnaire, le soldat venait découvrir à Laignelet son second fils, Jean ayant un frère ainé né en 1938. « Je m’en suis toujours culpabilisé » confesse aujourd’hui Jean, la voix cassée.

Son père repose dans le cimetière militaire de Pierrepont (Meurthe-et-Moselle), où Jean espère se rendre l’année prochaine.

Yvonne et Marie-Thérèse vivaient dans une famille de Lécousse. Marie-Thérèse est née le 30 août 1939, à la veille du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Son père, Léon, décéda six mois plus tard, sous les drapeaux. Elle ne l’a jamais connu et Yvonne n’en garde que de lointaines images.

D’autres Fougerais, comme Jeannette Bertrand et Jean Tison, sont aussi membres de l’association.

Georges, enfin, est originaire d’Ercé-en-Lamée, où il est né en 1938. Son père, mobilisé, revint en permission en mars 1940. Ce fut la dernière fois que la soldat embrassa sa famille : fait prisonnier dans la poche de Dunkerque, il fut transféré en Allemagne, où il mourut sous les bombardements en décembre 1944, « près de Cologne » . « Il m’en reste 250 lettres, envoyées à ma mère » raconte Georges.

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« Nos parents étaient frères d’arme »

Le temps ayant passé, on pourrait s’étonner. Mais c’est encore avec beaucoup d’émotion que ces quatre orphelins de guerre-pupilles de la Nation évoquent leurs débuts dramatiques dans la vie. Et en 2023, ils attendent toujours de la société un peu plus de reconnaissance.

Certes, leur statut leur a parfois valu d’être aidé. « Mais nous n’étions pas riches, et les études que nous aurions pu suivre avec l’aide de l’Etat n’ont pas été possibles » décrit Georges. Certificat d’études, un peu de collège pour Georges, et au boulot…

Autre souvenir amer, chez Jean et Georges :

Nous avons fait notre service militaire mais, comme pupilles de la Nation, nous étions exemptés de zones de combat. C’était toujours un peu dur d’entendre les autres nous dire : tu n’as pas fait l’Algérie ?

Jean Boutros et Georges Giboire

Comme s’ils étaient des tire au flanc.

Georges Giboire vit désormais à Rennes et est le président départemental de l’ANPNOGD. Celle-ci oeuvre auprès de l’Office des anciens combattants et veuves de guerre, notamment pour que tous les pupilles soient indemnisés de manière égale. Des critères ont été établis en 2004, par décret.

Ce n’est pas normal. Tous nos parents sont reconnus morts pour la France, ils étaient tous les frères d’arme des anciens combattants

Jean Boutros

Autre déception : « l’Etat est incapable de dire combien il y a d’orphelins de la guerre 39-45. Combien sommes nous à ce jour ? ». Aussi les orphelins de guerre se mobilisent-ils pour retrouver le plus grand nombre possible d’entre eux.

2024 marquera le 80e anniversaire du débarquement et de la Libération. Ce sera hélas pour nous le rappel de mauvais souvenirs. Nous nous devons quand même d’être présents lors des cérémonies. Trop de nous sont hélas dans l’oubli total de la Nation puisqu’aucun dénombrement n’ a été effectué.

Georges Giboire

217 000 militaires français sont mort pendant ce conflit, dont 100 000 en mai et juin 1940.

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Où écrire ?

Georges Giboire invite les orphelins à se faire connaitre en adressant leurs coordonnées, ainsi que le nom du défunt mort pour la France, en écrivant à Orphelins de guerre pupilles de la Nation, Maison du combattant, 241 rue de Nantes, 35 000 Rennes, ou par mail à [email protected]

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